Hépatite A

Maladie - Epidémiologie

C'est une maladie à Déclaration Obligatoire depuis novembre 2005 (diagnostic confirmé : IgM anti-VHA).

C'est une maladie cosmopolite liée au péril fécal.

Prévalence mondiale des anticorps anti-VHA, 2006
CDC. Yellow Book 2008. http://wwwn.cdc.gov/travel/yellowBookCh4-HepA.aspx#362

En France les progrès de l’hygiène ont raréfié les contacts avec le virus de l’hépatite A (VHA), et ont fait croître la réceptivité de la population.

La situation actuelle en France métropolitaine correspond à une endémicité modérée, avec un taux d’incidence annuel compris entre 2 et 3 cas pour 100 000 habitants et une réceptivité à l’infection s’étendant à la majorité des enfants, des adolescents et des jeunes adultes.

  • Généralement asymptomatique avant l’âge de 5 ans,
  • Symptomatique : ictère franc dans plus de 80 % des cas chez l’adulte.
  • Gravité liée aux formes fulminantes (0,2 à 0,4 % des cas), dont le pronostic reste très défavorable chez l’adulte.
  •  L’hépatite A n’évolue jamais vers une hépatopathie chronique.

Le vaccin

Composition

Vaccin entier inactivé.

Mode d'administration

Voie d’administration intra-musculaire.

Conservation

A conserver au réfrigérateur entre +2°C et +8°C, ne pas congeler.

Vaccins commercialisés en France

  • Vaccins monovalents : HAVRIX® 720 enfants(720 Unités ELISA), HAVRIX® 1440 adultes (1440 Unités ELISA); AVAXIM® (160 unités antigéniques) adolescents à partir de 16 ans et adultes
  • Vaccin combiné hépatite A et hépatite B : TWINRIX® enfants (360 unités Elisa + 10 µg d’antigène HBs), adultes ( 720 unités Elisa
  • + 20 µg d’antigène HBs)
  • Vaccins associés hépatite A et typhoïde : TYAVAX® adolescents à partir de 16 ans et adultes (160 unités antigéniques de souche vaccinale GBM cultivée sur MRC-5 et 25 µ g de polyosides capsulaires de Salmonella Typhi (souche Ty 2) par dose).

Qui est concerné ?

- Sujets professionnellement exposés à un risque de contamination :

  • Ensemble du personnel s'ocupant d'enfants n'ayant pas atteint l'âge de la propreté, des internats des établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées,
  • Personnels de traitement des eaux usées,
  • Personnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective ;

- Adultes non immunisés et enfants de plus de 1 an voyageant en zones d’endémie

- Enfants de plus de 1 an dont l'un des parents est originaire d'un pays de haute endémicité
- Sujet appartenant à une communauté de vie en situation d'hygiène précaire   
- Personnes exposées à des risques particuliers :

  • Porteurs chroniques du VHB
  • Porteurs d'une maladie chronique du foie (virus de l'hépatite C, consommation excessive d'alcool)
  • Homosexuels masculins

- Sujet atteint de mucoviscidose et pathologie hépatobiliaire chronique ou susceptible d'évoluer  vers une hépatopathie chronique   
- Jeunes des internats des établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées

Avis du HCSP du 13 Février 2009 relatif à la vaccination autour d’un (ou de plusieurs) cas d’hépatite A
Le Haut Conseil de la santé publique recommande, dès la confirmation d’un (ou de plusieurs) cas, par la mise en évidence d’immunoglobulines M, de vacciner le plus tôt possible sans examen sérologique préalable [et dans un délai maximum de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques du cas :
? dans l’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A ou de toute personne vivant sous le même toit que le cas, les personnes n’ayant jamais été vaccinées contre l’hépatite A, réunissant toutes les conditions ci-dessous :
- nées après 1945,
- sans antécédent connu d’ictère,
- n’ayant pas séjourné plus d’un an dans un pays de forte endémicité.
Si l’une au moins des conditions précédentes n’est pas remplie et si sa réalisation est compatible avec le délai de 14 jours, une sérologie préalable, à la recherche d’anticorps totaux, est fortement recommandée : seules les personnes ayant une sérologie négative seront vaccinées.
? dans des communautés de vie en situation d’hygiène précaire1, la population exposée définie par l’investigation épidémiologique.
La mise en oeuvre de la vaccination ne dispense pas de la mise en oeuvre, dans toute la mesure du possible, des mesures d’hygiène, en fonction des caractéristiques de la population et de son environnement.
- D’autre part, le Haut Conseil de la santé publique recommande également, lors de la survenue d’un seul cas, de faire :
? dans un établissement pour personnes handicapées :
- une recherche rétrospective et prospective d’autre(s) cas par interrogatoire ;
- une vérification et une mise à jour le cas échéant, des vaccinations anti-hépatite A des jeunes et du personnel exposé dans l’établissement.
? dans une structure accueillant des enfants en garde collective3 et n’ayant pas atteint l’âge de la propreté4 :
- la recherche rétrospective et prospective d’autre(s) cas par interrogatoire,
1 Définie notamment par l’absence de sanitaires individuels, d’accès direct dans le domicile à l’eau potable et de tout-à-l’égout. Cette situation dans laquelle l’expérience montre que l’amélioration des mesures d’hygiène sur le court terme est très difficilement réalisable, peut concerner par exemple les communautés de gens du voyage.
2 Elle est menée par la Ddass (avec le soutien éventuel de la Cire).
3 Y compris crèches, assistantes maternelles….
4 Il n’y a pas lieu dans une maternelle lors d’un cas unique de vacciner tous les enfants de la classe.
- une évaluation du risque conduisant avant tout au renforcement des mesures d’hygiène ou à leur mise en place. L’éviction de la collectivité des enfants malades sera de 10 jours après le début de l’ictère.
- Une vérification et la mise à jour, le cas échéant, des vaccinations anti-hépatite A du personnel de l’établissement exposé [7].
Il n’est pas nécessaire de mettre en place une vaccination généralisée des enfants.
De plus, le Haut Conseil de la santé publique précise que lors de la survenue de cas groupés (2 cas et plus) dans une collectivité, la vaccination ne peut être envisagée que dans certaines situations exceptionnelles, et après vérification de l’application effective des mesures d’hygiène et de détection de nouveaux cas par la Ddass (avec le soutien éventuel de la Cire).
Enfin, le Haut Conseil de la santé publique souligne la nécessité de privilégier l’information des sujets contacts, le renforcement des mesures d’hygiène, le contrôle et l’amélioration des dispositifs sanitaires sur les lieux où vit le patient.

Schéma vaccinal

La vaccination peut être effectuée à partir de l'âge de 1 an.

La vaccination comporte l'administration d’une dose, suivie d’un rappel 6 à 12 mois plus tard et peut être repoussée jusqu’à.

36 mois ou même 5 ans.

Pour le vaccin combiné hépatite A et hépatite B Twinrix®, le schéma recommandé comprend trois doses, les deux premières à un mois d’intervalle, la troisième six mois plus tard(sauf chez l'adolescent où 2 dose de Twinrix adultes espacées de 6 mois sont possibles).

Pour le vaccin combiné hépatite A et fièvre typhoïde Tyavax®, la protection est obtenue 14 jours après l’administration d’une seule dose. La dose de rappel de la vaccination hépatite A peut être administrée 6 à 12, voire jusqu’à 36 mois plus tard (et, dans ce cas, on peut utiliser Tyavax® si le risque de typhoïde persiste).

La périodicité des rappels ultérieurs n’est pas déterminée avec précision : elle pourrait être de 20 ans, voire plus, mais ne saurait être inférieure à 10 ans.

La détection sérologique des anticorps IgG anti-VHA permet d’éviter des injections vaccinales inutiles et coûteuses, mais n’est pas indispensable, la présence d’anticorps ne constituant pas une contre-indication à la vaccination.

Ce dépistage peut être proposé aux personnes nées en France avant 1960, ou qui ont séjourné plus d’un an dans un pays de forte endémicité, ou qui signalent un antécédent évocateur d’hépatite virale.

Efficacité

Le taux de séroconversion est de l'ordre de 98 à 100 %. L'efficacité clinique est de l'ordre de 97 %.

Effets indésirables

La presque totalité des réactions signalées sont bénignes et disparaissent en moins de 24 heures.

  • Les douleurs au site d’injection sont de 12 % chez l’enfant et de 52 % chez l’adulte.
  • Céphalées 16 %.
  • Malaises, arthralgies, fatigue, fièvre, nausées, vomissements, diarrhées, anorexie : de 1 à 10 % des vaccinés.
  • Elévation légère et transitoire des transaminases sériques.
  • Très rares réactions de type anaphylactique
  • Les effets indésirables graves ou inattendus doivent être déclarés au réseau national des 31 centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV).

Lien rubrique "Déclaration des effets indésirables "

Contre-indications

Le vaccin est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à l’un de ses constituants.

Précautions d'emploi

La vaccination n’est pas recommandée chez les enfants âgés de moins de 1 an.

Il est nécessaire de bien agiter la seringue pour homogénéiser la suspension du vaccin avant emploi. Si la coloration est anormale ou s’il y a des particules étrangères, le vaccin ne doit pas être utilisé.

Associations avec d'autres vaccins

Associations

Grossesse

Le vaccin contre l’hépatite A est constitué de virus inactivés. Il est dépourvu de pouvoir infectant.

Grossesse

Prématurité

La notion de prématurité ne modifie pas le schéma vaccinal.

Prématurité

Questions d'actualité

Durée de protection 10 ans ou plus ?